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dimanche 7 août 2011, par
Depuis notre arrivée à Buenos Aires, il y a déjà un mois et demi de ça, la tentation est grande de traverser le fleuve Rio de la Plata pour se rendre en Uruguay. Après tout, même si ce pays ne figurait pas sur notre itinéraire, il reste très accessible puisque 50 km seulement séparent la capitale argentine de Colonia del Sacramento, la ville touristique la plus proche. De plus, Montevideo, la capitale du pays Celeste n’est qu’à 4-5 heures en transport en commun (bateau + bus).
Les deux pays sont donc voisins. On dit même que les portenos sont les habitants d’une même ville, de deux quartiers (Buenos aires et Montevideo) séparée par un fleuve. Un peu comme la rive gauche et la rive droite à Paris ou à Rouen. Il ne nous reste donc plus qu’à sauter le pas mais apparemment, selon nos sources, le pays coûte cher (deux fois plus qu’à Buenos Aires, en fait), ce sera donc un saut de puce afin de ne pas trop crever le budget. Le voyage sera donc court (pour une fois) avec deux voire trois étapes tout au plus mais nous espérons qu’il sera dépaysant…
Colonia del Sacramento sera donc notre première étape. Nous n’aurons pas vu le temps passer lors de notre traversée en bateau (1 heure de trajet depuis Buenos Aires). Nous mettons pied à terre dans la plus vieille ville du pays et… quel calme !! Certes, il se fait un peu tard, mais tout de même, il n’y a pas un chat. Cette ville ne compte que 20.000 habitants. Ça change de l’effervescence de la capitale argentine… A propos : nous respirons enfin les fameux « buenos aires » qui viennent du large… bien plus ici que de l’autre côté du fleuve.

Colonia del sacramento parait être un véritable havre de paix, c’est d’ailleurs pour cette raison que les portenos se ruent en masse à chaque week-end… c’est aussi pour cette raison qu’ATW débarque un lundi soir. A nous la tranquillité !
L’auberge « el espanol » où nous établissons nos quartiers pour une nuit a l’air très sympa mais nous n’avons pas le temps de visiter. Aussitôt arrivés, aussitôt sortis… à la recherche d’un bar pour regarder Argentine-Costa Rica, le dernier match de poule de l’Argentine contre l’invité surprise de cette compétition. Dur de se désintoxiquer du football après quelques semaines passées en Argentine, surtout en pleine Copa America ! Après deux nuls décevants lors des premiers matchs, la sélection Albiceleste se réveille enfin et remporte la partie 3-0 avec un très bon trio offensif Messi-Aguerro-Iguain… Ils étaient dans l’obligation de gagner pour se qualifier en quart de finale. C’est désormais chose faite mais on a quand même l’impression qu’ils ont évité une déroute de justesse…
Le lendemain, la journée est consacrée à la visite de la ville et de son centre historique sous le soleil et avec peu de touristes. La ballade nous emmène le long de la côte mais ce ne sont pas des vacances à la mer… c’est juste que le rio de la Plata est tellement large (le plus large du monde) que nous ne pouvons voir la côte argentine en toile de fond… c’est donc de l’eau avec l’horizon comme perspective.

Colonia a été fondée par les portugais en 1680 puis les gouvernements espagnols, portugais, brésiliens se sont disputés le pouvoir jusqu’à l’indépendance du pays en 1830. C’est une ville à l’architecture coloniale qui fait un peu penser au Portugal… forcément vu ses origines. Son centre historique est classé au patrimoine mondiale de l’UNESCO. A voir notamment : el Portón de Campo, le couvent de San Francisco et ses ruines datant du 17ème siècle, la Basilica del Sanctísimo Sacrament, l’Iglesia Matriz, la plus vieille du pays (1695)… y muchas otras cosas mas !
La visite se fait en une bonne demi-journée. C’est petit mais ca vaut le détour ! On peut y rester une journée supplémentaire, c’est même recommandé pour la santé on a envie de dire.
En fin d’après midi, nous sautons dans un bus direction la ville de Juan Lacaze afin de se rapprocher de la capitale Montevideo. Juan Lacaze est peu voir pas du tout touristique mais nous sommes attendus pour « couchsurfer » chez Juan Daniel dans une ferme, en pleine pampa… cela faisait bien longtemps que nous n’avions pas réitéré l’expérience du couchsurfing… et au final on peut dire que nous avons bien fait !
Juan Daniel possède une grande expérience en matière de couchsurfing, environ 300 personnes sont passées chez lui avant nous… en atteste d’ailleurs les murs de son salon et de sa chambre qui sont recouverts de graffitis de voyageurs venus du monde entier. Plus tard nous avons nous aussi pu contribuer à cette belle œuvre collective !

A peine arrivés, on partage tout de suite un maté. Une parenthèse pour dire que les uruguayens ont cette tradition en commun avec les argentins… ce sont vraiment de gros consommateurs, chacun d’entre eux ou presque ne se déplacent sans un gros thermos sous le bras. Mais n’oublions pas que ce sont les paraguayens qui ont inventé le maté… les argentins et uruguayens l’ont ensuite popularisé.
Le domaine de notre gentleman farmer fait environ 300 hectares avec pas moins de 300 vaches (2 traites par jour ce qui occupe beaucoup notre ami), chevaux, poulets, chats et chiens, nos compagnons de substitution lorsque Juan est aux champs.
Après sa journée de dur labeur Juan a pour habitude de se reposer au coin du feu… il nous offre un repas frugal que nous ne refusons pas… nous avons faim, rien dans le ventre depuis le matin et les supermarchés sont à plusieurs kilomètres à pied de chez lui. Cette petite dinette sur le pouce tombe donc à point nommé. Vive le couchsurfing et vive l’hospitalité uruguayenne !
Réveillés par le chant du coq, nous attaquons la journée, bon pied bon œil par une petite virée à bicyclette en rase campagne jusqu’au patelin le plus proche afin de faire des courses pour le repas du midi. Au menu des chefs ATW : « quiche lorraine sur son lit de laitue » pour le plus grand plaisir de notre hôte. En retour, il nous offre un kilo d’herbe à maté uruguayenne puis s’en retourne travailler. De notre côté nous prenons la direction de la plage (à moins d’un kilomètre de chez lui ; campagne + plage, que demander de plus !) afin de profiter des derniers rayons de soleil et de la nature sauvage du coin, accompagnés de Bandito, le chien de Juan D.

Bref, la ferme de juan est un vrai petit coin de paradis… même si une usine de fabrication de pâte à papier, située à quelques kilomètres de là, vient gâcher ce tableau idyllique. Mais si vous passez un jour par Juan Lacaze (pas prêt d’être dans les tours opérateurs), ne manquez pas la ferme de Juan. Demandez au chauffeur du bus, il a l’habitude. Quant à nous cette mise au vert nous aura fait le plus grand bien ! C’est presque à contrecœur que nous quittons Juan pour Montevideo. Parfois le couchsurfing vous pousse à rester mais sans vouloir abuser de l’hospitalité de notre hôte nous avons un programme serré à respecter.
Le bus qui nous emmène à Montevideo ne prend que 3 heures. On arrive dans un hôtel dans la vieille ville, encore une fois nous arrivons de justesse pour voir le match Brésil-Equateur (4-2). A l’image des footballeurs argentins on a retrouvé la selecao. A l’issue de cette phase qualificative, tous les favoris sont là pour en découdre et terminer dans le dernier carré de cette copa plus passionnante qu’elle n’avait débutée.

Le lendemain, 14 juillet 2011, (cocorico !) nous ne verrons malheureusement aucun feux d’artifice ni n’entendrons la marseillaise… seule une couronne de fleurs déposée par l’ambassade de France au pied de la statue du général San martin est là pour nous rappeler cette date importante du calendrier français. Le plus amusant c’est que Juillet devait être un mois propice pour déclarer son indépendance. En effet, l’Argentine la déclarer le 9 juillet 1816, la France le 14 de l’an 1789 et l’Uruguay, le 18 de l’an 1830. Quant au général San Martin, son nom doit vous dire quelque chose si vous avez vu l’article Perou-1..
A Montevideo ATW s’est fait un « city tour » de plus de 20 km et a use ses souliers dans les rues du port et de la vieille ville (ghetto des familles rurales pauvres venues chercher une vie meilleure), en passant par les ramblas et les grands parcs. Il ne nous aura sans doute manqué que la visite du barrio du Prado (quartier un peu artiste avec beaucoup de charme parait-il) mais la météo capricieuse, ce jour là, nous a somme de rester sagement à résidence. Montevideo est la capitale la plus australe du monde, elle est située quelques kilomètres plus au sud que Buenos Aires et a peu près a hauteur de Johannesburg. Deux étymologies existent pour le nom Montevideo : selon la première, il proviendrait du portugais "Monte vide eu", qui signifie « Je vois une montagne ». Selon la seconde, les colons espagnols auraient baptisé le lieu "Monte VI De Este a Oeste" (soit « Le sixième mont d’est en ouest ») au cours de relevés topographiques. Le nom original complet est San Felipe y Santiago de Montevideo. La capitale comptait en 2004 1 500 000 habitants soit presque la moitié de la population du pays. Elle est considérée comme la ville d’Amérique Latine où la qualité de vie est la plus élevée et fait partie des 30 villes les plus sûres du monde. Montevideo accueille le siège du Mercosur, littéralement « marché commun du sud », qui est la communauté économique regroupant plusieurs pays de l’Amérique du Sud.

Un peu largués sur le passé de Montevideo et sur l’histoire du pays et ne disposant d’aucun guide sous la main, nous prenons un cours de rattrapage avec un vieil homme qui ne demandait qu’à se confier à deux étrangers de passage dans sa ville. Tout y est passé pendant plus d’une heure… histoire, politique, culture, gastronomie, etc... Voici une anecdote qui nous a été rapportée par le vieil homme. A l’époque de la dictature militaire dans les années 1970-80, alors que les partis socialistes, communistes et traditionnels se faisaient la guerre, certains patients riches et hospitalisés pouvaient mourir très facilement lors d’une opération bénigne sans que leur mort ne puisse clairement être expliquée a la famille du défunt. Les médecins à la botte de l’état dictateur semblaient pratiquer l’injection létale assez fréquemment. Quelques heures plus tard, leur fortune était dilapidée et leurs comptes en banque vidés avec la complicité de l’état. Ne pouvant vérifier cette information, il faut donc la prendre avec des pincettes. Quoiqu’il en soit l’idée fait froid dans le dos. Rappelons simplement et sans faire d’amalgame qu’historiquement les régimes communistes en Amérique latine, entre autres, non pas tous été politiquement corrects. Devant notre incrédulité, le vieil homme nous a quand même signifier qu’il savait de quoi il parlait. Avant de prendre sa retraite il était chirurgien esthétique…
En fin de journée, vers 19h00, nous avons reçu une réponse positive à une nouvelle demande d’hébergement couchsurfing sur Montevideo, un peu plus a l’écart du centre-ville mais tout de même bien située. Sébastian, notre hôte de la soirée nous a reçu les bras grands ouverts … Au passage cela nous à permis d’économiser 20 euros d’hôtel. La vie est encore plus chère en Uruguay qu’en Argentine. La soirée est très « esprit couchsurfing », d’autres invités sont présents : une amie éducatrice à lui et un autre couchsurfer brésilien, Fabio, que nous reverrons peut être plus tard à São Paulo. Quelques caipirinhas et verres de vin uruguayen (pas mauvais d’ailleurs) plus tard, nous allons nous coucher dans ce qui ressemble à un hôtel particulier. En fait, cet appartement est typique des anciennes maisons de la bourgeoisie montevidéenne. Sébastian n’a eu qu’à le restaurer un peu avant d’occuper les lieux.
Malgré notre maigre expérience de l’Uruguay, on peut dire sans aucune hésitation que les uruguayens sont vraiment accueillants et pas uniquement nos amis du couchsurfing, en ville, dans les bus, au restaurant, bref…un peu partout. Le vendredi après midi il faut déjà rentrer sur Buenos Aires et sous une pluie battante, à bord d’un bateau cargo transportant des voitures, plus lent mais plus économique qu’à l’aller.
…et cette fois c’est chez Astrid (et toute sa bande) que nous déposons les sacs a dos. Astrid est une amie que nous avons rencontrée sur Buenos Aires du temps ou nous étions logés à Lime House, l’auberge située sur la 9 de Julio. Cette fois ci le logement fait au moins 100 mètres carrés dans un immeuble de standing qui n’à rien à envier aux immeubles haussmanniens… ah et oui ! ce modeste appartement est toujours situé sur l’avenue la plus large du monde. ATW al palo !
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