Accueil du site > Carnet de voyage > Livingston - Panama City
samedi 19 février 2011, par
Après avoir baroudé pendant 20 jours au Guatemala, nous nous rendons vite compte que la route pour Buenos Aires est encore longue. La décision est prise d’avancer plus rapidement et de faire des choix stratégiques quant aux prochaines étapes de notre voyage…
Du coup, nous ne nous attarderons pas au Honduras qui présente moins d’intérêt touristique que ses voisins, ni au Costa Rica qui, lui, coûte relativement cher aux backpackers. Nous préférons économiser notre temps pour la Colombie et autres pays d’Amérique du Sud… Le temps, c’est de l’argent, il faut savoir l’économiser, car qui veut voyager loin et longtemps ménage… son portefeuille. Tout est question de priorité !
Nous quittons donc Livingston en attrapant in extremis une pirogue sur-motorisée (à 7h00 du mat’, ça réveille…), pour Puerto Barrios, ville étape pour le passage de la frontière au Honduras. Encore une fois le voyage fut épique : après un trajet en lancha, 2 bus et 2 shuttles (mini van), nous passons enfin la frontière. Le temps d’un bref coup d’œil sur la télévision du douanier pour voir que la France était toujours à 0-0 contre le Brésil, nous attrapons illico un bus pour Copán, première étape au Honduras. Notre correspondance pour San Pedro Sula ne partant que le lendemain, nous passons la soirée dans le village à la bougie et à la frontale suite à une coupure générale qui durera toute la nuit.

En revanche, on peut dire que notre arrivée à San Pedro s’est très bien passée… en voulant nous renseigner, nous sommes tombés sur deux représentants des forces de l’ordre qui nous ont escortés à travers la ville dans leur bagnole toute déglinguée pour nous trouver un logement.
Au final, nous finissons dans un hôtel de passe à « 2 euros la nuit » dans un quartier peu fréquentable. La soirée aura été de courte durée car ici c’est couvre-feu à partir de 20h et il ne fait pas bon trainer dans les rues passé cette heure là… les junkies, les filles de joie et faune nocturne en tout genre prennent place dans le quartier. Par contre, en journée, aucun problème, on a quadrillé toute la ville et on s’est même payé le luxe d’une petite ascension du Mont Merendon pour profiter d’un panorama sur la ville.

Culture G : « San Pedro est la deuxième plus grande ville du pays après la capitale Tegucigalpa et elle est aussi la capitale économique du pays »… C’est dit !
Levés 3h30 (décidément, peu de grasse mat’ dans notre emploi du temps), on saute dans un bus qui nous emmène directement à Managua, capitale du Nicaragua… 13 heures plus tard, nous nous offrons une petite halte de 2 jours à Granada avant de se re-coltiner 30 heures de voyage pour le Panama.
Petite parenthèse pour vous dire que Granada est une étape obligatoire au Nicaragua, pas seulement pour sa beauté et son style colonial, mais aussi pour sa situation géographique. En effet, elle est située au bord du plus grand lac d’Amérique Centrale et au pied du volcan Masaya, un des plus dangereux de la région (dernière éruption en 2008). Pour les puristes, il est aussi connu sous le nom de POPOGATEPE, "montagne qui fait du bruit" en langue indigène Chorotega.

Nous avons profité de l’occasion pour grimper au sommet et y admirer notre premier volcan en activité du voyage… une bonne claque, il faut l’avouer, non pas à cause des émanations de souffre, mais à cause du paysage à couper le souffle.
La vue d’en haut offre un panorama alternant lacs, montagnes, coulées de lave solidifiée et végétation à perte de vue. L’intérieur du cratère nous donne l’impression d’un paysage lunaire et d’être sur une autre planète. Cela rappelle à tout à chacun que l’on est assis sur une grosse marmite en ébullition. Comme dirait l’autre, on n’est bien peu de chose…

Le Nicaragua, en dehors de ses beaux paysages, est un pays très accueillant. Les gens sont toujours prêts à rendre service. On retiendra surtout notre rencontre avec la tenancière de notre auberge « Apoyo Mutuo » (qui porte bien son nom), une vraie « mamacita »… Faute de chambre pour la nuit, elle n’aura pas hésité à nous installer 2 paillasses en plein milieu de son salon… un peu rude, mais on n’est plus à ça près ! On a même eu le droit au petit dej’ offert le lendemain (merci Maria).
Autre rencontre insolite avec un Ch’ti échoué depuis 2 ans à Granada. Destiné au départ à une carrière de prof de français, il tient aujourd’hui une épicerie où il vend surtout de l’alcool, dont le rhum local « Flor de Caña », une spécialité du pays, qui est en effet un véritable petit nectar ;-)
Au petit matin du deuxième jour, réveil un peu tardif pour Jérôme qui à la surprise de voir Chris revenir avec une coupe de cheveux… à 30 cordobas (moins d’un euro !!) au final PAS trop mal réussie. Il faut dire qu’au bout d’un mois de voyage notre système capillaire s’est un petit peu emballé… en plus, il paraîtrait que plus l’on se rapproche de l’équateur et plus ça pousse ! On vous tiendra informé de l’exactitude de cette anecdote scientifique.
Mais on n’est pas là pour parler pilosité, il nous reste quand même pas moins de 30h de trajet avant de rejoindre le Panama. Avant d’y arriver, il faut d’abord rallier San José, capitale du Costa Rica où nous avons profité des 8h d’escale entre 2 bus pour visiter la ville et vous concocter un nouvel article. ATW always on duty ! Au passage, on tient à remercier Burger King et Mc Donald qui au prix dérisoire d’un café-coca nous assure une connexion internet WIFI illimitée… ATW always online !
Désolé pour les « amoureux » du Costa Rica (Vic & Angie), on est que de passage dans la région, malheureusement… Enfin, « passage », c’est vite dit… en principe, traverser la frontière ne devait être qu’une formalité, en pratique, cela nous aura pris 5 bonnes heures. Le hic dans la plupart des états d’Amérique Centrale est qu’il faut nécessairement pour rentrer dans le pays un billet de sortie du territoire. Ce qui pose un problème pour des travelers comme nous qui ne voyageons qu’avec des allers-simples… Va t’en expliquer à un douanier panaméen que tu fais un tour du monde et que tu n’as pas de billet retour dans ton pays…
Finalement, nous reprenons la route après quelques cigarettes et quelques cafés plus tard… pris côté Costa Rica ! Et oui, ami lecteur, sache que la loi Evin s’applique aussi au Panama et ce même dans la rue. Obligé de faire 20 mètres dans l’autre sens pour aller se fumer une clope au Costa Rica… marrant non ?

... nous arrivons enfin à Panama City et découvrons le fameux canal. Nous cherchons un logement, de quoi nous nourrir (toujours en faisant attention au budget)… la routine, quoi !
Nous rencontrons Omar, un autochtone, qui a absolument tenu à nous faire visiter sa ville... une vraie mine d’informations. Nous avons pris l’habitude, en Amérique centrale de nous méfier des gens trop bien intentionnés, mais lui avait l’air comme on dit ici « buena onda ». Après plusieurs kilomètres à sillonner les moindres recoins de la capitale, nous rentrons nous coucher un peu cassés par notre long périple.
Nous aurons donc appris que la ville était autrefois un repaire de pirates (dont le leader était le légendaire Balboa, à ne pas confondre avec son homologue Rocky), elle est aujourd’hui un exemple de modernité rare en Amérique centrale et prospère grâce notamment à la construction du canal en 1914. A l’origine, le projet est une initiative française après le succès du canal de Suez... mais le projet a été repris et exploité par les américains. La plupart des travailleurs impliqués dans la construction du canal ont été acheminés depuis les Antilles, ce qui a créé des tensions raciales et sociales dans la ville. La communauté antillaise est donc très présente à la capitale.

Durant la seconde guerre mondiale, la présence américaine augmente avec la construction de bases militaires. Cela crée de nouvelles tensions entre Panaméens et Américains qui vivent dans la zone du canal. Des émeutes éclatent au début de l’année 1964. Dans les années 1970-80, le Panamá est devenu une place bancaire (notamment dans le blanchiment d’argent). En 1989, les states envahissent le pays et renversent le général et dictateur Manuel Noriega (qui est d’ailleurs emprisonné en France). En tout cas, la ville semble avoir une histoire riche et tourmentée, c’est aujourd’hui un sacré melting pot… et les français y seraient nombreux !

Le lendemain, il nous faut régler un problème majeur… trouver un moyen de passer la frontière du Panama en Colombie. La voie terrestre n’est pas recommandée… la nature y est hostile, il n’y a pas route et la région côté Colombie est peuplée par les FARCS. La solution la plus simple et la plus sûre est de prendre un avion pour Bogota.
Proxima estacion… Colombia !
11 Messages de forum