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mardi 15 février 2011, par
Le passage de la frontière du Guatemala est moins simple qu’il n’y paraît… Le fleuve Usamacinta constitue la frontière naturelle entre le Guatemala et le Mexique. Cela rajoute évidemment un moyen de transport supplémentaire… une petite ballade à pirogue (Lancha) s’impose pour la traverser.

Une fois nos passeports tamponnés, un vieux bus des années 60 nous attend pour parcourir les 150 bornes de piste qui nous séparent de Flores, notre première destination. Flores est un petit village touristique situé sur une île du lac Petén Itza. C’est le point de départ des backpackers pour le site très prisé de Tikal.
Notre traditionnelle recherche de logement nous pousse jusqu’à l’auberge « Los amigos », une petite oasis de calme qui réunit à peu près tout ce qui existe de nationalités dans ce monde… jolie performance sur une île qui fait à peine 3km² ; on a donc l’impression de vivre en communauté voir en autarcie.

Le temps d’une courte nuit sur des lits en extérieur et direction le site précolombien de Tikal, aux aurores… un des must de la région centrale-américaine, à ne manquer sous aucun prétexte… rien que pour l’ambiance de ses ruines en pleine jungle ! On reste attentif au moindre bruit car le site regorge d’une faune très riche (pumas, coatis et autres animaux attirés par la chaire fraiche).
Le plus impressionnant est le cri du singe hurleur, ça doit vous glacer le sang en pleine nuit… Magnifiques panoramas et vue sur la jungle spectaculaire moyennant quelques pirouettes pour accéder au sommet des ruines…

En 10 heures de visite et une bonne vingtaine de temples plus tard, la jungle n’a plus de secret pour nous… nous rentrons donc à la casa prendre l’apéro avec deux français rencontrés la veille tout en appliquant le principe pas très compliqué de l’ofertas (un cocktail acheté, 2 offerts)... On échange des nouvelles du pays et on se refile des tuyaux sur nos prochaines destinations.

Le lendemain, nous quittons Flores pour Antigua, 9 heures de bus jusqu’à Ciudad de Guatemala et liaison directe de 45 minutes pour Antigua. Apparemment, il ne fait pas bon s’attarder à Ciudad de Guatemala, elle ne présente aucun intérêt, polluée à l’extrême, moche et l’insécurité y est très forte… personne ne s’aventure dans les rues après 21 heures. Nous n’avons eu aucun commentaire positif sur la capitale. Bêtes et disciplinés, nous suivons donc les conseils et filons directement à Antigua…
Antigua est une sympathique petite bourgade de 35 000 habitants perchée à 1 500 mètres d’altitude. Pour la petite histoire, cette ville fut fondée par les espagnols au 16ème siècle, elle était l’ancienne capitale du pays jusqu’en 1973, date à laquelle un tremblement de terre eut raison d’elle. La capitale fut donc transférée à Ciudad de Guatemala…
Il est dit dans les guides que c’est sans conteste la plus belle ville du pays, voir même d’Amérique Centrale. En effet, on s’envoûte de ses rues colorées et on finit par s’y perdre. Ici toutes les rues nord-sud portent le même nom et il en est de même pour les rues est-ouest. De plus, ils n’ont pas jugé utile d’écrire le nom des rues.

Nous avons constaté en déambulant qu’Antigua est une ville charmante à taille humaine, située au pied de 3 volcans aux cônes parfaits qui culminent à environ 4 000 mètres.
Faute de couchsurfers, nous débarquons dans l’hôtel le moins cher de la ville, 20 quetzales la nuit, soit 2€, le prix d’un paquet de Marlboro. Style rudimentaire, salle de bain commune… évidemment, pas de jacuzzi ni de room service, mais une cuisine et une machine à laver… parfait pour des budgets serrés comme les nôtres. En bref, bonne ambiance, un vrai nid à routard !
L’intérêt ici, c’est de flâner, nez au vent et de profiter de cet endroit paisible, sur un site exceptionnel dominé par la masse majestueuse des volcans… idéal, pour se reposer et pour remettre sur « pieds » Jérôme qui après un basket avec des Guatémaltèques s’est retrouvé avec des méchantes ampoules aux pieds. Notre prochaine destination étant la région du lac Atitlán avec pas mal de randonnées, cette halte tombe donc à point nommé…

3 jours et 150 km plus tard, nous voici à Panajachel, la ville la plus importante du lac Atitlán, un des plus beaux du monde. Il s’étend sur plus de 130 km², à 1550 m d’altitude. La particularité du lac est qu’il est entouré de 3 volcans : le San Pedro , l’Atitlán et le Tolimán qui culminent tous à 3000 m.

Levés tôt, on a pu profiter de l’endroit pour randonner , naviguer sur ce lac qui est en effet magnifique et profiter de l’ambiance routarde qui y règne… pas encore pourrie par le tourisme de masse. Ce qui est rigolo, c’est qu’on a l’impression d’être en mer (tellement le lac est grand), voire dans un immense bassin cerclé par les montagnes. Les photos parlent d’elles-mêmes !

Là aussi pas de couchsurfing mais une piaule encore moins chère que celle de Mérida (on est passés sous la barre des 2 euros !)… record à battre ;-)
Nous quittons Panajachel pour Livingstone, dernière étape de notre périple au Guatemala, proche de la frontière avec le Honduras. Le trajet s’est déroulé en 2 temps.
Une première grosse partie tape-cul en Chicken-Bus qui portent bien leurs noms d’ailleurs... serrés à cinquante dans un bus pour 20, leur devise « Fe en dios y adelante » (Fois en dieu et en avant, pour les non hispanophones ;) et attention dans les virages, ca sent la gomme !

Un petit changement de plus à Ciudad de Guatemala, histoire de bien se rappeler que la ville en ce petit matin n’est pas très accueillante. Ambiance sombre, fouille au corps et passage au détecteur à métaux avant de monter dans le bus. Il faut savoir que les armes circulent facilement dans le pays. 13 ans seulement après la fin de la guerre civile, l’insécurité et la violence est en hausse chaque année.
La seconde partie du voyage, beaucoup plus agréable, s’est faite en Lancha sur « El Golfete », l’estuaire du lac Izabal tout en admirant un paysage de Canyon recouvert de végétation luxuriante.

Arrivés à l’embarcadère de Kingston, euh pardon… Livingstone, on comprend tout de suite que l’atmosphère y est cool. Ici, c’est ambiance reggae au bord de la mer des caraïbes. Les habitants sont les Garifunas, descendants des esclaves africains introduits par les espagnols et les anglais. Ça parle un mélange de créole, d’anglais et d’espagnol…et toutes les discussions finissent en « One Love ».

Rien à voir avec ce que nous avions vu jusqu’à présent : ambiance à l’africaine, proche de celle du Bélize, état voisin que nous n’aurons pas le temps de faire… ça tombe bien !
Au final, on repart enchantés du Guatemala, et nous conseillons à tout le monde d’aller y faire un tour avant que ca change... à tel point qu’on y serait bien resté plus longtemps. Mais la route est encore longue et nous avons des impératifs de timing à respecter (petite dédicace à nos amis qui normalement doivent nous rejoindre mi-juin, ils se reconnaîtront…).
Demain, prochain départ pour le Honduras…
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