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lundi 28 février 2011, par
Après 1 heure de vol, nous voilà sortis des nuages, on aperçoit l’immensité de Bogotá enfouie dans les montagnes. Ce que l’on ressent tout de suite c’est le changement de climat… chaud la journée et frais la nuit. Il faut dire qu’on a pris 2600 mètres d’altitude depuis Panama City. A l’aéroport, notre premier réflexe est de checker internet et de nous trouver un canapé si possible en banlieue nord ; le centre ville et le sud sont plutôt déconseillés car dangereux la nuit. La ville est « découpée » ainsi et les distances sont très longues. Par conséquent, ici, on prend les transports en communs, qui sont plutôt bien développés de manière générale, en Colombie…
Après une heure et demie de transport, on arrive chez nos hôtes du week-end, Dennis et Paola. Ambiance cosy dans leur appartement en duplex situé dans un condominium. Reçus avec un grand verre de jus de maracuja en guise de pot de bienvenue, préparé avec soin par Paola… un régal. Avalé d’un trait, nous partons en ville rejoindre Dennis encore au travail.

C’est l’occasion de prendre le Trans Milenio, un moyen de transport unique en son genre (enfin presque car c’est le même principe que le TEOR, à Rouen)… de par les dimensions de son réseau. Le système consiste en des lignes de bus circulant sur des voies réservées. Ce système inauguré en 2000, a permis d’améliorer considérablement les déplacements à Bogotá qui ne possède pas de métro. Aujourd’hui, le Trans Milenio est victime de son succès, les bus sont complètement bondés en heure de pointe… ce qui donne lieu à une belle pagaille à chaque montée et sortie de rames. Expérience marrante mais un peu étouffante tout de même.

Quoiqu’il en soit, Bogotá a récemment subie des changements positifs radicaux, au point que les nations unies lui ont accordés la palme du meilleur développement urbain mondial de la décennie… mais pas celle de la sécurité, même si depuis Uribe, celle-ci s’est nettement améliorée. Pendant ces 3 jours à Santa Fé de Bogotá (de son vrai nom), on s’est fait balader de quartiers en quartiers par nos 2 guides. Au programme : immersion dans les barios branchés de Chapinero et de Santa Rosa la nuit pour danser sur des airs de cumbia, merengue, vallenato ou encore de salsa ; promenade à la Candelaria et à la Concordia, les 2 principaux quartiers du centre historique et bien sûr… ascension (il en faut toujours une) du Monserrate pour y admirer une très jolie vue sur la ville.

On s’est aussi offert une virée dominicale à l’ancienne au marché d’Usaquen, sous le soleil, à essayer les produits du terroir et notamment le très bon café colombien. L’ambiance était au repos avant de repartir le soir même pour Medellín. Pour conclure sur notre expérience à Bogotá : on a vraiment été très bien accueillis, on n’oubliera pas Dennis et Paola de si tôt !
Le lendemain matin, de bonne heure, nous voilà à Medellín, la deuxième ville du pays. C’est une ville de développement récent. En effet, même si elle ne possède pas beaucoup de monuments anciens, elle est dotée d’infrastructures modernes de transport (c’est la seule ville du pays à posséder un métro) et donne l’image d’une ville prospère et dynamique.

La ville est une concentration d’immeubles en briques rouges, coincée dans une vallée et faute de place, les quartiers populaires se sont installés à flanc de montagne… plus ou moins légalement (le permis de construire est en option dans la région).
Le meilleur moyen de visiter cette ville est de prendre son métro et les deux lignes de « metrocable » (téléphérique) pour accéder aux points culminants et à certains quartiers. On a parfois l’impression en grimpant dans les « œufs » d’être au sport d’hiver, sauf qu’à la place d’un décor de poudreuse, on survole des quartiers parmi les plus dangereux du pays où on te tue avant même de savoir si tu as de l’argent sur toi. Mais il ne faut pas paranoïer pour autant et la vue est vraiment unique en son genre.

C’est en arrivant dans le centre-ville qu’on a réalisé que la ville était différente des précédentes et qu’elle s’apparentait plus à une ville sud-américaine. Ҫa vit dans la rue (jeux d’argent, artisanat…), ça interpelle, ça crie, ça fait la fête, ça racole, c’est commerçant, ça danse dehors, ça se pique, ça se prostitue, ça siffle les filles, on entend de la musique à tous les coins de rue, on y voit des étalages et des marchés qui côtoient des immeubles modernes… bref, c’est ambiance latino !
Par contre, il ne faut pas croire que la prospérité et l’essor de cette ville s’est faite par l’opération du saint esprit. Outre le textile, l’industrie, la bière et la sidérurgie, le narcotrafic est pour beaucoup dans le développement économique de la ville. Il ne faut pas oublier que Medellín est la ville de Pablo Escobar (El patrón) et de son cartel. Au sommet de sa carrière, il dispose de revenus considérables provenant du trafic de drogue et est terriblement dangereux ; Pablo Escobar aurait pendant toute sa carrière amassé plus de quarante milliards de dollars US. En 1989, il fut classé septième homme le plus riche du monde d’après le magazine Forbes. Le chef du cartel de Medellín a fait construire des routes, en tout plus de 500 maisons, des hôpitaux, des écoles… Il a aussi créé un véritable groupe armé autour de lui, environ 3 000 tueurs, les « sicarios » qui pouvaient être de tout âge. Son cartel a semé la terreur en ville et est responsable de milliers de morts. Ce qui lui vaut aujourd’hui une réputation très controversée.

Depuis, les cartels ont pratiquement disparu de Colombie, au profit de groupuscules multiples et diversifiés. Pour autant et malgré cette modification dans la structure et l’organisation du trafic, les niveaux de production n’ont en rien diminué.
18 ans après sa mort, il reste encore très présent dans la mémoire des colombiens y compris des gens que nous avons rencontrés. D’après les sources d’ATW, un kilo de cocaïne vendu en Europe rapporterait environ 40.000€ au cartel, ce qui explique que le trafic est aussi juteux et qu’il n’est pas prêt de s’arrêter…

Un rendez vous avec une ex championne colombienne de salsa nous pousse à quitter Medellín pour Calí dans la vallée de la Cauca. Ce qui ne pouvait pas mieux tomber pour apprendre à danser un vendredi soir dans la capitale de la salsa.
Cliquez sur le lien de Francy et Carlos et vous comprendrez de quoi on parle…
On sent tout de suite qu’ici, c’est ambiance festive… Rumba dans les bars, salsa dans les boîtes et botellion dans les nombreux parcs de la ville où trône souvent un amphithéâtre, lieu d’expression par excellence des différents arts de rue. Bref, c’est Cali-ente !!!

On y sera resté 2 jours, le temps de goûter à cette ambiance toute particulière, mais comme toujours, la route nous appelle, nous décidons de faire une dernière étape à Popayán avant de rejoindre l’Equateur. Le voyage entre Calí et Popayán à travers la Cordillère des Andes est de toute beauté !!! Mais il est aussi ponctué de barrages militaires, ce qui nous rappelle que la région reste sous l’influence des groupes armés révolutionnaires. N’oublions pas qu’il y a actuellement environ 8.000 guérilleros soutenus par quelques milliers de paysans.
Le plus connus est le mouvement des FARC (Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia), d’origine révolutionnaire, qui considère que le régime politique en place est corrompu et non-démocratique. Ils combattent « le système » essentiellement par des actions terroristes et parfois en menant des prises d’otages politiques dont celle d’Ingrid Betancourt que nous connaissons tous. Ici, sa personnalité n’est pas toujours appréciée (les négociations de sa libération avec les guérilleros n’ont pas été digéré par les colombiens).

Popayán est une ville coloniale qui constitue la ville frontalière avec l’Equateur (même si elle reste à 8 heures de bus de celle-ci). Elle est pour nous une étape avant de nous rendre à Quito.

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