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samedi 12 mars 2011, par
Après un petit passage de frontière sans encombre, nous entrons dans notre 9ème pays, l’Equateur qui doit son nom à sa position sur… l’équateur. Après 15 heures de bus, un mois et demi de voyage et environ 16.000 kilomètres parcourus, nous passons la latitude 0 et entrons enfin dans l’hémisphère Sud.

Première étape, Quito, capitale de l’Equateur et de la province de Pichincha qui signifie « centre du monde » (centre « Qui », du monde « to ») en langue Quechua, comme la marque de nos sacs à dos qui attirent l’attention de bon nombre de locaux.
Après une journée passée, sac sur le dos, a chercher un canapé pour la nuit, nous débarquons chez Leandro et sa famille. Toute la smala sur plusieurs générations vit quasiment sous le même toit, c’est ambiance familiale et on a pu préparer notre voyage en Equateur grâce aux conseils avisés de tous les membres du clan.

Le lendemain, nous quittons la famille Quechua pour la colloc américaine. Ambiance totalement opposée chez Lizzy, Alec et tous leurs animaux, où nous avons passé trois nuits avec 2 autres ricains de passage dans la capitale. Se remettre à parler la langue de Shakespeare après pratiquement 2 mois à parler l’espagnol, n’est pas chose simple… Un petit temps de réadaptation est nécessaire.
C’est entouré de tout ce beau monde que nous avons exploré la ville, en particulier le centre historique mais aussi le quartier de la Mariscal où pullulent bars, boites et restaurants. Quito est coincée entre les montagnes et s’étend du nord au sud sur 20 km de longueur, à une altitude de 2.850 mètres. Elle est située sur les flancs du volcan Pichincha qui est entré la dernière fois en éruption en 1999. Au final, Quito n’est pas très jolie, hors centre historique, car très bétonnée (c’est sûrement dû aux nombreux tremblements de terre), bruyante et polluée mais possède néanmoins de nombreux parcs, véritables poumons verts de la ville.

Ces 4 jours passés à Quito, deuxième capitale la plus élevée du monde, nous aurons permis de nous adapter physiquement à l’altitude (près de 3.000 mètres) et au changement de climat (12°C et pluvieux)… un passage obligé avant d’attaquer les très hautes montagnes des Andes.

Il faut dire que la cordillère des Andes est la plus grande chaîne de montagnes du globe. Elle est orientée nord-sud sur tout le long de la côte occidentale de l’Amérique du Sud. Longue de 7.000 km, elle mesure entre 200 km et 700 km de large, pour une altitude moyenne de 4.000 m. Elle débute au Venezuela au nord puis se dirige vers le sud en traversant la Colombie, l’Équateur, le Pérou, la Bolivie, le Chili et nous suivra jusqu’en terre de feu, en Argentine.
Pour nous, Latacunga sera notre première grande étape avec la très haute montagne. Cette ville est le point de départ des trekkeurs vers les volcans Cotopaxi et notamment le Quilotoa qui sera le lieu de notre première expédition… à 4.000 mètres d’altitude.
Le lac volcanique de Quilotoa est un des sites les plus impressionnants des Andes équatoriennes. Uniquement accessible par des routes en mauvais état, cette région offre des paysages tout à fait splendides, entre montagnes et falaises, ainsi que des villages indiens restés encore authentiques. On a été impressionné par la couleur bleue turquoise de la lagune qui serait due à la présence de souffre dans l’eau. Ce qui lui a valu le surnom d’ « eau sulfureuse ». Pour info, le lac mesure 4km² de superficie pour un volume de 1kmᶾ… ce qui nous fait un beau cratère tout de même, CQFD. Il existe un danger potentiel pour les 15.000 personnes qui vivent dans les villages voisins de ce volcan qui ne s’est pas réveillé depuis 850 ans.

A peine arrivés, on a attaqué la randonnée autours du lac « la fleur au fusil ». Très vite, l’altitude se ressent, le rythme cardiaque s’accélère à chaque montée et on a l’impression que le cœur va exploser alors qu’on a grimpé que 10 mètres ! Pour une première marche en altitude, l’expérience aura été assez éprouvante… mais pas suffisamment pour nous décourager puisque le lendemain nous voilà repartis pour un nouveau trek de 6 heures entre Quilotoa et le village de Chugchilán.
Levés au petit matin, après une nuit à la fraîche, nous attaquons la randonnée dans la brume. Jérôme, bon samaritain, propose à une écossaise qui s’était faite abandonnée par ses compagnons de route, tous victimes du mal de l’altitude, de nous accompagner. Au passage nous avons aussi repêché deux allemands qui s’étaient perdus en route… Heureusement pour eux qu’ATW connaissait le chemin et s’était renseigné la veille auprès d’un guide de haute montagne ;-) Nous voilà un groupe de cinq à dévaler les sentiers et parcourir les 800 mètres de dénivelé qui nous séparent de Chugchilán.

La région est sauvage mais pas inhabitée. Il est d’ailleurs fréquent d’y rencontrer des enfants de 5-6 ans qui emmènent tous seuls des troupeaux de moutons à la lagune ou qui travaillent dans les champs. Petit hic en arrivant à destination, plus de bus : pas moyen de repartir dans l’autre sens pour Latacunga. Qu’à cela ne tienne, grâce aux talents de négociateur de Kris, nous affrétons un pick-up moyennant quelques dollars pour rentrer à bon port.

Arrivés de nuit à Latacunga, morts de faim et complètement déshydratés, nous partageons un dernier repas avec nos compagnons de route avant de se dire au revoir et de se souhaiter bonne chance pour la suite de nos voyages respectifs.
Le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons illico un bus pour Baños, autre spot réputé pour trekkeurs chevronnés…
PS : N’oubliez pas d’aller jeter un coup d’œil à l’album photo.
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