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lundi 23 mai 2011, par
Jeudi 28 avril, nous quittons Puno et le Pérou pour la ville de Copacabana sur l’autre partie du lac Titicaca, côté bolivien. Nous prenons un bus pendant 4 heures le long des rives du lac. Le paysage y est superbe et on est toujours sur l’altiplano à 4.000 mètres d’altitude.
Après 3 heures de route, nous passons enfin la frontière pour Copacabana en fin de journée et nous posons nos affaires à l’hôtel Sonia. Nous enchainons sur une petite ballade dans le centre pour constater que les prix ont diminué de moitié voir plus par rapport au Pérou. Nous rencontrons 2 nîmoises qui font la route dans l’autre sens et qui viennent de traverser la Bolivie… nous racontons nos expériences respectives autour d’une bonne truite.

Copacabana est une petite ville d’environ 6.000 habitants, située à cinq kilomètres de la frontière avec le Pérou. Son nom vient de la langue Aymara : kota kahuana, signifiant "vue sur le lac". Pour la petite histoire, c’est à la suite d’une promesse faite à la vierge de Copacabana par un marin égaré au large des côtes du Brésil, qu’une plage de Rio doit son nom à cette ville.
Le lendemain, nous embarquons dans un bateau taxi pour la Isla del sol… 3 heures de traversée pour gagner la partie nord de l’île. Nous prenons nos quartiers dans une petite auberge en torchis sur les hauteurs avec une vue à couper le souffle. En fin de journée, nous partons à la découverte de la partie nord de l’île, accompagnés d’une anglaise et d’une canadienne. Nous profitons du coucher de soleil et nous rentrons, en pleine nuit, à la frontale jusqu’au village pour manger dans le seul restaurant du village éclairé. Nous terminons la soirée à partager quelques bouteilles de rouge avec 1 danois, 1 coréen, 1 française du var et 2 italiens sans oublier la canadienne, l’anglaise et nos 2 hauts-normands… Un joli melting pot au beau milieu du lac Titicaca…
Vendredi 30 avril, levés 8h30, nous enfourchons nos Merrells pour traverser l’île du nord au sud, d’où on peut prendre un bateau pour rejoindre le continent à Copacabana. En cours de route, pause déjeuner à 10h30 pour fêter l’anniversaire de Kris. C’est l’occasion d’ouvrir une petite bouteille de vin devant une vue magnifique sur le lac Titicaca… salud, 29 ans !!!

En fin de journée, retour à Copacabana où se déroule le carnaval en l’honneur de la Virgen de la Candelaria. Plus de 20.000 personnes se retrouvent en ville pour ce festival pas comme les autres. En effet, c’est un mélange entre la fête de la musique et le carnaval de Rio… A cette occasion, tous les hôtels de la ville sont pris d’assaut et nous nous retrouvons sans lits pour dormir… nous usons donc de nos charmes à l’hôtel Sonia où nous dégotons finalement une paillasse dans le couloir pour la nuit… gratuitement évidemment. Ambiance festive… nous passons la soirée à nous déhancher sur des rythmes de cumbia poussés par la fanfare locale jusque tard dans la nuit. Entre 2 feux d’artifice, nous retrouvons, par hasard, notre ami Olivier du Pérou… Kris ne pouvait pas rêver mieux comme soirée d’anniversaire, Feliz cumple !!!

Apres une courte nuit, il nous faut déjà reprendre la route pour La Paz, capitale de la Bolivie, accompagnés de notre désormais amie Rachael, la canadienne. Nous prenons une chambre dans un alojamiento (dormitorio à 2 euros la nuit) tenu par Pancho, un patron roublard et toujours de bon conseil. C’est ici qu’ont élu domicile une vingtaine d’argentins : artisans, musicos, clowns de rue et laveurs de pare-brises… de profession. Nous passons un peu de temps avec cette communauté hippie d’un nouveau genre autour d’un mate accompagné d’airs de guitare endiablés de Bersuit, la Renga ou encore los Piojos.
Nous y avons même rencontré un drôle de collègue tourdumondiste finlandais, voyageant avec un concept bien particulier. Son délire est de voyager au sein de la "maison du monde", on vous explique… Le "toit" est dessiné sur une ligne New York - Helsinki – Tokyo ; Santiago – Sydney constitue la "base" de la maison… quant aux fenêtres, on ne sait plus très bien !! Original comme concept.

On aurait pu ne pas sortir de l’auberge, tant l’ambiance était bonne mais il nous fallait quand même visiter la ville… et à ce propos, notre impression est plutôt mitigée… sombre, polluée, froide et venteuse. Il n’en reste pas moins que certains quartiers comme Sopocachi et San Pedro présentent un certain charme. Le premier est un district moderne et un peu bobo, le second, beaucoup plus populaire et typique avec ses marchés et étalages à n’en plus finir… on y vend tout et n’importe quoi, même des fœtus de lamas séchés (comme porte bonheur).

La Paz ! C’est la capitale la plus haute du monde, étagée de 3.200 à 4.000 mètres d’altitude dans un immense canyon, entourée d’une multitude de pics enneigés de plus de 5.000 mètres. C’est une agglomération de plus de 2 millions d’habitants agrippée aux nuages… Une capitale Sud-Américaine assez surréaliste. Elle est, de notre avis, comme qui dirait « belle de loin, mais loin d’être belle ». La belle ville hispanique du début du 20ème a fait place à une sorte de chaos urbain bruyant et mouvementé, pas toujours très esthétique. C’est le cas des maisons en parpaing en proche banlieue qui contrastent avec les édifices flambant neufs du centre-ville.

Nous en avons profité, comme prévu, pour faire nos emplettes collection automne-hiver, notamment à l’approche du haut altiplano bolivien… et aussi parce qu’on commence à se les cailler sévère à La Paz.
L’intérêt d’un passage à La Paz est d’aller barouder dans ses environs et notamment d’aller tutoyer les sommets… Au choix, ascension des monts Huayna Potosi et Nevado Illimani jusqu’à 6.000 mètres ou descente sur 3.500 mètres de dénivelés, de La Cumbre jusqu’à Coroico. Ne disposant pas de la condition physique nécessaire pour grimper à 6.000 mètres, nous décidons donc d’attaquer la non moins redoutée « route de la mort » à quelques encablures de La Paz.
Autrement appelée la Route des Yungas, c’est une route d’environ 70 kilomètres, à 56 kilomètres au Nord-Est de La Paz. Elle est connue pour son extrême dangerosité. On estime que 200 à 300 voyageurs se tuent chaque année sur cette route, soit un véhicule toutes les deux semaines. En effet, il y a des virages qu’il ne faut pas rater, des lacets plutôt serrés où 2 voitures ont du mal à se croiser… mais pas de panique pour ATW, 4 heures de descente à fond les ballons, la tête dans l’guidon ! On vous rassure, la descente en downhill se fait bien, pour notre part, aucun incident à déclarer.

Au bout de 12 jours passés à La Paz (record ATW depuis 4 mois de voyage), nous prenons la direction de Cochabamba des souvenirs plein la tête. Cochabamba est située à environ 400 km au sud-est de La Paz. Sa population approche les 700.000 habitants, ce qui en fait la troisième ville du pays. Son nom provient du quechua "Qocha Pampa" qu’on peut traduire par « marécage ». C’était à l’origine le nom du quartier insalubre où vivait la population purement quechuaphone.
En ce qui nous concerne, Cochabamba aura été synonyme de détente avec sa température plutôt clémente (rarement en dessous de 20 degrés en journée). En quelques mots, c’est une ville pleine de charme et d’histoire, active économiquement et réputée pour la qualité de sa cuisine.
Petite anecdote historique : il fut un temps où les épileptiques ou toute autre personne étant atteinte d’un trouble du comportement étaient soumis à la trépanation pour faire sortir les mauvais esprits. Afin de les guérir, on leur perçait un trou dans le crâne (de préférence du bon côté du cerveau), et on le rebouchait avec des pierres puis avec du métal fondu. Ce qui permettait de limiter les infections.

Tradition oblige… nous en profitons pour grimper au point culminant de la ville du panorama où trône un Christ géant de 33 m de haut. Il dépasse de quelques centimètres ceux de Rio ou de Lisbonne. Cela montre que la religion catholique est forte en Bolivie. Conclusion : superbe vue depuis le sommet à condition de gravir les 1.350 marches qui séparent la ville du sommet.
Deuxième anecdote gratuite pour toi lecteur : dans les environs de Cochabamba, début mai, la fête de Santa Vera Cruz est l’occasion de prendre en main les problèmes de stérilité. On recourt alors à une espèce d’échangisme socialement toléré qui le temps d’une fête permettra à certains couples d’avoir un enfant. Inouï dans un pays catholique !

Suite à cette petite escapade ressourçante à Cochabamba, nous partons rejoindre notre ami Olivier du Pérou qui nous attend déjà à Sucre.
Sucre, ville de 230.000 habitants et capitale constitutionnelle du pays est surnommée la cité blanche. C’est un petit bijou de l’art baroque d’Amérique latine, elle est classée au patrimoine mondial depuis 1991. En opposition avec La Paz sur le plan politique et historique, elle revendique plus que jamais le rôle de capitale.

Après avoir quadrillé la ville, nous nous sommes risqués à une visite au Parque cretacico, l’attraction touristique du coin où l’on peut apercevoir le long d’une paroi des empreintes de dinosaures.
Découverte en 1994 dans une usine de ciment, cette paroi de 2 km de long sur 40 m de hauteur date d’il y a 68 millions d’années. 150 espèces dont 40 de dinosaures ont laissé leurs empreintes. Le site préhistorique était autrefois un lac avant le surgissement de la cordillère, ce qui explique pourquoi les empreintes sont sur une paroi verticale et non sur le sol. C’est le second plus grand site de ce type au monde. Sortie pédagogique sympathique, mais pas indispensable, on a vraiment l’impression d’être à Disney Land, voir dans le Jurassic Park local…

En bon supporters de foot, nous préférons retenir de notre passage à Sucre, l’évènement qui tient en haleine toute l’Amérique du Sud… à savoir le Super Classico Boca-Junior VS River-Plate. Score final, 2-0 pour Boca à la Bombonera… qui se relance dans la seconde partie du championnat pour le plus grand bonheur d’ATW, fidèle supporter des Xeneizes. Ceci est l’occasion de vous dire que nous referons un point footballistique à l’occasion de notre passage dans la capitale argentine.
Sans transition, prochaine étape… ATW se transformera en mineur à Potosi avant d’explorer Uyuni et sud-Lipez... pour finir au Chili à San Pedro de Atacama.
A suivre…
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