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Salta - Pigüé

vendredi 22 juillet 2011, par ATW

Après cette courte étape au Chili nous passons le poste frontière avec l’Argentine (le 14ème pays depuis le début de notre périple) et comme l’attente est un peu longue nous engageons la conversation avec des français de Cormeilles, en Haute Normandie (Eure). Le monde est petit ! Ce passage entre le Chili et l’Argentine et… plus exactement la portion de la route 40 qui va de San Pedro de Atacama jusqu’à Salta vaut son pesant de cacahuètes. Les 12 heures de bus qui séparent les deux villes se déroulent dans un décor de rêve. Le paysage est rythmé par la montagne, la pampa et les déserts (de pierre et de sel). Ce n’est pas pour rien que cette route qui part du nord de l’Argentine et qui descend jusqu’en Patagonie est citée dans bien nombre de guides touristiques… elle passe notamment par San Juan, Mendoza, Bariloche et prend fin à Ushuaia, la ville du bout du monde.

A notre arrivée à Salta, l’horloge indique 21h30 et nous n’avons rien dans la panse (parfois les compagnies de bus vous offre une collation froide ou chaude… parfois pas). Le point de chute en ville s’appelle hôtel Prisamata traduisez par « ne pas se presser », ça tombe bien on ne l’est pas. Cet hôtel c’est comme un retour aux sources pour Kris qui y avait déjà séjourné il y a 2 ans lors de son dernier voyage. En apparence les lieux n’ont pas l’air très habités, mais en apparence seulement car une petite communauté d’argentins s’affaire ça et là à la rénovation de l’hôtel. Certains construisent un bar, d’autres préparent la cuisine ou encore confectionnent des chaussures en jeans et en carton. Assez originale comme ambiance.

En arrivant un 24 mai, on apprend que l’on tombe en pleine veille de jour férié. En effet, le 25 mai c’est la commémoration de l’indépendance du pays. Les drapeaux aux couleurs bleu-ciel et blanc (celeste y blanco) sont accrochés à tous les balcons de la ville et trônent fièrement dans chaque magasins.

Salta la linda (Salta la belle) est située au pied de la Cordillère des Andes, dans la fertile vallée de Lerma, à 1.187 m d’altitude. Avec une population de plus de 500.000 habitants, c’est la huitième agglomération d’Argentine et la deuxième plus importante cité du nord du pays après San Miguel de Tucumán. . La population est métissée, blancs et indiens car la ville se situe tout près de la frontière avec la Bolivie. La ville est au centre d’une importante région agricole : maïs, tabac, céréales, canne à sucre, etc. s’exportent en Europe via Buenos Aires.

Les sacs posés à l’hôtel nous partons immédiatement réaliser notre vœux le plus cher depuis ces 4 mois de voyage, à savoir déguster une pièce de bœuf digne de ce nom… ce premier « bife de chorizo » arrosé d’une bonne Quilmes (la bière nationale) fut un régal pour nos papilles. Premièrement : parce que c’est vraiment bon (la viande est tendre, incomparable avec celle que l’on vous sert dans certains restaurant moyens français)… et deuxièmement : parce que ça change de l’alpaga (le cousin du lama en Bolivie, pays où la viande rouge est dans votre assiette d’avantage pour la décoration car au final elle coûte assez chère). Quel retour à la civilisation !

Puisque l’on parle de viande, il faut savoir que le rayon boucherie c’est l’attraction pour tous les voyageurs étrangers qu’ils arrivent de Bolivie ou d’ailleurs... lomo, vacillo, bife de oro, tira de asado, paleta.

D’ailleurs ça redevient intéressant de faire des courses au supermarché surtout à 5 euros le kilo de viande. Et pour tuer les mauvaises graisses, rien ne vaut un bon maté, la boisson nationale dont nous vous avons déjà parlé. On en boit partout, au repas, au travail, dans la rue.

Nous finissons par quitter Salta car il nous tarde de descendre à la capitale. Pour rejoindre Buenos Aires c’est 22 heures de bus mais en bus super confort… rien à voir avec la Bolivie. A l’arrivée à Retiro (La gare de bus de la capitale, impressionnante par ses dimensions), nous prenons un taxi jusqu’à l’auberge Lime house située en plein centre-ville (Chris connait également cet endroit), et demandons immédiatement à la réception de l’hôtel pour aller voir un match de Boca Juniors, un des deux clubs mythique de la ville car ils jouent le soir même. Malheureusement tout est déjà réservé… pas grave nous repasserons une prochaine fois et il reste encore deux journées de championnat. Nous prenons donc nos marques à Lime House.

L’auberge est située à l’angle de l’avenida 9 de Julio (avenue la plus large du monde) et de la Rivadavia (dont il est dit que c’est la plus longue).

Les jours qui suivent sont occupés à la visite des quartiers touristiques de la ville (Palermo, San Telmo, la Recoleta, Puerto Madero)… et bien sûr un pèlerinage au fameux stade de la Bombonera dans le quartier populaire de la Boca (d’où le nom de « Boca Juniors ») est vite organisé par ATW. Ce stade mythique est le lieu des exploits de grands joueurs comme Diego Maradona, Gabriele Batistuta, Sebastián Battaglia etc. Actuellement, l’idole des supporters s’appelle Juan Martin Palermo. Nous aurons l’occasion d’y revenir plus tard…

Chaque argentin est un fervent supporter de l’équipe nationale. Au niveau local, il choisit le club de son quartier, de sa classe sociale et de sa communauté ethnique. Il peut changer de religion, de parti politique, de profession ou d’épouse… mais jamais de couleur de maillot !!

La visite du quartier de la Boca se fait en journée, c’est plus sûr car le quartier n’est pas peuplé que d’enfants de cœur mais il constitue une étape essentielle dans le circuit touristique de la ville. Buenos Aires est la deuxième plus grande ville d’Amérique latine (13.000.000 d’habitants avec l’agglomération) derrière São Paulo. Il y a tellement de choses à voir dans cette ville que le touriste qui n’a prévu d’y passer qu’une semaine risque de se tuer à la tache. Nous visitons donc tranquillement, d’autant plus que nous reviendrons sûrement sur nos traces avec les amis français Kévin et Maxime, attendus pour le premier week-end de Juin. Lors d’une ballade dans l’Alto Palermo (quartier branché des bars et boîtes de nuit) nous tombons nez à nez avec les « barbarians », cette sélection de rugbymen français qui défient à l’occasion les équipes nationales de toute la planète. Vu leur tête ce jour là, on aurait parié qu’il venait de terminer la 3eme mi-temps. Tout ça pour rappeler que l’Argentine est aussi une terre de rugby, quand elle ne vibre par pour le football.

Nos premiers jours à Buenos Aires coïncident avec la découverte du tango. Cette danse dont on entend souvent parler mais qu’on ne voit pratiquement jamais, du moins en Europe. A l’origine le tango se dansait le plus souvent entre hommes, souvent dans des bordels… Les migrants qui affluaient de toute l’Europe en Argentine, à la recherche d’une vie meilleure s’entassaient dans les quartiers pauvres de la ville et chantaient leur mal-être et la nostalgie de la vie laissée au pays. C‘est une danse extrêmement sensuelle, les jambes s’enroulent, les corps s’emmêlent… un régal pour les yeux et les oreilles. On pu apprécier quelques spectacles de rue lors de notre première ballade nocturne à la Recoleta. Au fil des années, cette musique extrêmement populaire s’est développée sous des formes très variées. On écoute aussi bien Carlos Gardel

Partant du principe que nous visiterons Buenos aires avec Kévin et Maxime, nous prenons la décision d’aller prendre le large pour rendre visite à de vieux amis de Chris. Cap donc sur Pigüé city à 600 km, au sud de Buenos Aires, à la frontière avec la Province de Patagonie, le temps d’un grand week end chez Juan Pablo. Le voyage durera 12 heures, à bord d’un train tout pourri. Au pays des « gran collectivos » (bus de première classe), le train fait figure d’épouvantail. Le réseau ferroviaire est très peu développé et mal entretenu ; le matériel roulant, lui, a beaucoup vieilli mais cela reste une manière économique de voyager pour celui qui a un peu de temps. Néanmoins, le voyage de nuit fut mouvementé (pas de wagon couchette et l’impression d’être dans les montagnes russes une bonne partie de la nuit).

Nous ne nous attarderons pas trop sur Pigüé (ce n’est pas très touristique), la visite de la ville se fait en un quart d’heure, mas o menos. D’ailleurs nous nous sommes fais contrôler par la police qui se demandait ce que l’on pouvait bien faire ici. Pigüé possède, une alliance française, fait extraordinaire pour une ville de 20.000 habitants… en fait pas tant que ca… puisque la ville a des liens avec la France et notamment la ville de Rodez. En 1884, une colonie d’aveyronnais ont embarqué pour le nouveau monde et sont venus cultiver cette terre… et par la même occasion fuir la crise industrielle qui frappait leur région (fermetures des usines de Decazeville). Ils ont plutôt réussit leur paris et on fait de la région un coin plutôt prospère. Les pigüésiens sont donc un peu nos cousins !! Mitterrand est même venu dans cette ville… on ne sait plus trop pourquoi… ami historien si tu aimes les recherches…

Pigüé, pour nous, aura été synonyme de retrouvaille, de fête et de découverte des produits locaux argentins : confection d’empanadas, dégustation des vins et apprentissage du fernet branca, un alcool à 40 degrés, savant mélange d’herbes aromatisées et de caramel que l’on coupe avec du coca cola et que l’on boit avec des glaçons. Le produit est « made in Italy ». On aura passé un grand nombre d’heures à se chauffer au barbecue (asado) et à déguster la viande sans modération. L’atelier cuisine aura duré 4 jours…

Donc… nous avons bien mangé et bien bu mais il faisait un froid de canard, cette petite mise au vert fut moins reposante que prévue. On est repartis tout content d’avoir pu voir Juan Pablo, le chef cuisto de la région à qui on tire notre chapeau de gaucho pour nous avoir gracieusement hébergé et nous avoir enseigné toute sa science de l’asado argentin. Jérôme a pu parler castellano comme rarement. Pigüé c’est vraiment la bonne école et une immersion dans l’Argentine profonde. C’est un peu comme si vous disiez : « tiens donc ! J’irais bien à Champagnac-la prune pour les vacances !! » (ne cherchez pas, c’est près de Tulle…)

…Et puis « bye-bye Pigüé », on a repris le train dans l’autre sens et après 12 heures de montagnes russes, on a retrouvé Buenos Aires comme on l’avait laissée. Cette fois-ci on a acheté nos places à l’avance pour le match de Boca Juniors à la Bombonera et on a attendus tranquillement nos deux scouts français venus passer leurs vacances en dehors de Paris…. En vrac, voici ce que nous avons fait à J-2 de l’arrivée des deux loulous : guetter les mouvements d’humeur du volcan chilien qui crachait des cendres sur la frontière Chili-Argentine ; boire des bières avec Lucas, un stagiaire à Lime house et réfléchir avec lui sur comment améliorer la qualité du service de l’hôtel ; fréquenter les soirées mondaines (surtout quand elles sont open-bar) ; dormir jusqu’ à quatre heures de l’après-midi ; dire qu’on va aller faire du sport mais le reporter au lendemain, bref paresser…

4 Messages de forum

  • Salta - Pigüé Le 22 juillet 2011 à 22:53 , par arno

    même au fin fond du monde on retrouve des normands, normal les vikings sont un peuple nomade et conquérant ( même si les 27 sont une population à part et différent des vrais normands... :) on va les considérer considérer comme tel... )
    Par contre je plains les vaches d’amérique du sud, à part les os il reste quoi ? rien, nada, boufé entièrement.... ( la photo fait peur, ça fait penser à un clip d’aphex twin... GLOQUE...) Brigitte à quoi de s’énerver !!!
    En tout cas les ultras de boca peuvent être fière d’eux, rien de comparable par rapport à tous ce que j’ai pu voir, et c"est un ultras caennais qui vous le dit... AALLEEZ MALHERBE

    Un peu de sérieux, je vais me répéter encore une fois de plus, mais vous me manquez à un point que vous n’imaginer pas... je serais heureux de vous avoir avec moi et que pour moi mais en même temps vous me faites tellement rêver que je peux que vous souhaiter bonne route et bon vent... snif

    des besos amigos, je penses fort à vous.................................... !!!!!!!!!!!!!!!!!

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  • Pigüé Le 22 juillet 2011 à 20:57 , par Juan Pablo

    Mon Amis !!! un verdadero placer haber contado con su visita en mi pueblo natal, Pigüé...La hemos pasado muy bien entre asado, vino y amigos, un abrazo grande para ustedes y que la vida les sonrria en cada destino al que arriven !!!

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  • Salta - Pigüé Le 22 juillet 2011 à 20:31

    Les nombreux lecteurs apprécieront les nouvelles d’ATW que nous avons attendu depuis 1mois et demi. Pour la petite histoire, Mitterrand était venu visité Pigüe en hommage aux anciens Aveyronnais. Ils entrèrent par l’avenue de Rodez et importèrent par la même occasion le Rugby. D’ailleurs, pour l’anecdote, lors de la sortie du bus de l’aéroport emmenant les présidents français et argentins, le bus s’embourba et les habitants firent un pack pour pousser le bus (malheureusement, l’enlisement de la situation nécessita tout de même l’aide d’un bulldozer).

    Bonne continuation.

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    • Salta - Pigüé Le 22 juillet 2011 à 22:28 , par ATW

      Merci pour ces compléments d’enquête... toujours les bienvenus !
      Tout le mérite vous en revient et pour cela merci de vous faire connaitre auprès de nos chers lecteurs et de la rédaction.
      Salutations

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